Spécial réunion du CAC 40

06/06/2008
Hier, je suis allé accomplir mon devoir en assistant à un colloque à la Cité des sciences et de l'industrie concernant un truc qui n'a absolument rien à voir avec ce site : les jeux vidéo, ou plutôt "jeux-vidéos" comme eux l'écrivent.

8h4... 10h20. J'arrive à temps pour assister à la table ronde tenue par O. Séguret en présence de Genvo, de Le Diberder, rolex watches for sale de Bole (président de Nintendo France) et d'un jeune chef d'une petite boîte de prod. (je vous laisse trouver le programme sur le net, bande de feignasses).

Bon finalement Genvo, je trouve qu'il s'en sort pas mal du tout. Selon lui, ce que j'ai retenu, c'est que les outils de la critique restent à construire (il a pas lu Lord Flamekuche...).

11h et des patates, ça se corse, le dossier Research & Development est ouvert. En dehors de Stéphane Natkin qui montre à quel point il fait de bonnes choses à travers ses labos, en tenant compte de la réalité des gamers et des jeux, j'ai été assez attristé. Y'avait notamment un jeune type encostumé avec des gros dollars qui nous faisait des réponses rhétoriques « gnagnagna, on fait des jeux vachement bien qui sont bien passque c'est bien pour le plaisir"... terrifiant, où va notre bel argent ?

Après ça, le secrétaire d'état de j'saispukoi vient causer au micro, je me suis cassé direct, c'était Eric Besson, les planches pourries, rolex replica c'est pas ma came !

Ah, je retrouve un jeune étudiant qui finit son master pour septembre son M2 - à l'arrache quoi ! - il bosse sur les MMO et il fait du skate, un type sympa mais j'ai pas eu le temps de lui montrer mes vidéos sur ma PSP.

Vient l'heure du buffet. Waa, au début, ils voulaient pas me laisser rentrer... J'ai dû dire que je venais du colloque, pour la peine j'ai incrusté avec moi toute une ribambelle de jeunes de la fac qui passaient par là.

Alors là, j'ai halluciné : y'avait de la xbox 360 et des jeux Sega en pagaille, mais vraiment bourré de consoles, avec des ordis en réseau et tout le tralala, un incroyable coup de gros sponsoring où s'attardaient les mêmes costumes que ceux croisés le matin-mêmeJe tourne en rond, je prends des notes, un type nous appelle parce que c'est censé être mieux au fond à gauche... comme un mouton, je suis.

Et, vlà-t-y pas que je tombe sur les deux leaders de Mo5, les deux cerveaux de l'assoc’ en personne, sapés comme des princes, Nikon dans la main, shootant à tout va. On se met à causer « ça fait plaisir, ça fait longtemps qu'on ne s'est pas croisés" et tout d'un coup, c'est le drame.

J'avais pu esquiver Besson une première fois, mais je me suis fait prendre par surprise par le retour du discours du secrétaire d'Etat qui était à deux mètres de moi... zut. M'enfin, ça a été bref, on a pu aller bouffer assez vite.

Chez Mo5, ils connaissent bien le système du buffet. On a eu l'occasion de rencontrer Sébastien "SEGA" et de tailler une bavette avec (accroche toi L.T.!) Michael Stora, pas désagréable même si on n'est pas d'accord sur tout. Y'avait donc pas mal de membres de l'OMNSH dont certains s'occupaient d’ailleurs d'animer les tables rondes de l'après-midi.

On a papoté, on a papoté avec Mo5, on n'a pas vu le temps passer... et en me repointant à l'Auditorium, une foule de jeune chercheurs se massait. Je croise deux-trois têtes connues avec lesquelles j'ai discuté. Et puis je suis retourné fumer une clope en attendant que les costumes reviennent de la cantine.

Clope utile, l’après midi, c’était du lourd, au moins pour les deux première tables rondes, parce qu’à la troisième j’ai mis les voiles.

Genvo ouvre sur Passage pour introduire la possibilité d’une émotion dans les jeux. On voit des images et on entend des sons. Bizarrement, il fait allusion à un moment à un, je cite, « système capitalistique d’acquisition des points », le matin, il avait déjà évoqué l’origine des jeux avec le « complexe militaro-industrialisé », ça m’a fait pensé à quelqu’un.

Puis, autour de la notion d’émotion, on a eu Viennot pour qui Ico est de l’art. Il a ensuite évoquer pêle-mêle des trucs intéressants sur quelques règles propres à l’immersion : Eviter les game-over, insister sur la première demi-heure qui doit être excellente, et ne pas faire de cinématiques trop longues.

Ensuite, la deuxième table ronde portait sur … bah je ne sais plus … mais a toutefois permis à David Cage de présenter sa dernière technologie mise en œuvre par mocap. Il rappelait à l’auditoire que cet extrait était en temps réel et non « précal ». Il avait raison de se la péter, Heavy Rain sur PS3 se présente sous les meilleurs auspices, c’est beau ! (mais c’était juste un essai que l’on ne retrouvera pas dans le jeu). Il a dû faire transpirer la concurrence !

En fin de deuxième table ronde Serge Tisseron arrive à placer deux trucs intéressants : le jeu est un art quand le jeu arrive à amener émotionnellement le spectateur là où il le souhaite, le jeu est une création vidéoludique quand il arrive à cultiver l’impression de liberté d’action ressentie par le joueur (sand box quoi !). Je vous laisse méditer.

Pour terminer, il ajoute que la narration et les bribes de récits émises ici ou là permettent à certains éléments survenant plus tard d’avoir une vraie densité émotionnelle. C’était intéressant dans le contexte, mais je raconte mal.

Bon, les ténors ont bien répondu à l’événement, mais il m’a semblé qu’il y avait vraiment trop de monde qui ne savait pas que Metal Gear Solid 4 sortait la semaine prochaine. Trop de monde qui ne joue pas quoi… et qui cause beaucoup.


Warner


 
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